Le troisième dimanche de Pâques, il y a vingt ans, j'ai eu un « moment de Pentecôte ». Les doyens des cathédrales d'Amérique du Nord allaient se vêtir pour sortir en procession dans une Eucharistie festive au Collège Saint-Georges à Jérusalem. Plusieurs d'entre nous avions décidé d'y aller plus tôt et de nous joindre également à l'Eucharistie palestinienne.
Le prédicateur était Naim Ateek. Je ne pouvais pas traduire les paroles de son sermon. Mais soudain je compris tout ce qu'il disait. Pour une raison ou une autre, avec une acuité que je n'avais jamais connue auparavant, je ne faisais qu'un avec le prédicateur et les gens dans une culture, une langue, un lieu et un moment différents de l'histoire de Dieu.
La même chose m'est arrivée à nouveau il y a quelques années. Nous assistions à l'Eucharistie du dimanche à Saint-Domingue. Jean Monique Bruno, prêtre haïtien qui travaillait en République dominicaine, était l'officiant et le prédicateur. Il évita la chaire et marcha dans l'allée entre les membres de sa communauté et nous, les visiteurs.
Il mettait sa congrégation au défi avec des questions sur l'Écriture sainte du jour. La congrégation semblait s'enthousiasmer. L'enthousiasme est tiré du grec « en theos ». Mon dictionnaire dit « de Dieu » et « inspiré ». Il y avait de la joie, des rires et de la passion dans le dialogue. Je perdis le sens du temps et pour une fois cela ne semblait pas avoir d'importance. Malgré mes compétences désastreuses en espagnol, j'ai connu à nouveau l'acuité d'un « moment de Pentecôte ». Je ne pouvais traduire les paroles mais je comprenais tout ce qui se disait.
Selon les idées reçues de notre époque, il nous fait être dans des conditions de sécurité physique et matérielle pour avoir une bonne vie. La Pentecôte dit NON ! C'est lorsque nous choisissons d'être vulnérables que l'Esprit nous fait découvrir notre pouvoir. Ce pouvoir survient lorsque nous ouvrons nos bras comme Jésus l'a fait sur la croix et que nous accueillons tout. Il est confortable de rester là où nous pensons être protégés. Et pourtant, c'est dans des lieux tourbillonnants, encombrés, inconnus et insolites que je semble rencontrer le plus fréquemment l'Esprit.
Venez grandir en Esprit. Je pense que le fait que les sectes et les groupes terroristes isolent leurs membres n'est pas une coïncidence. Que se passerait-il si nous étions tous sur la place du marché et que nous trouvions le Christ dans notre prochain ? Que se passerait-il si nous abandonnions les endroits où tout le monde connaît notre nom pour aller « chercher et servir le Christ dans toute personne » conformément à notre Pacte de baptême ?
Dans une anecdote que j'aime raconter, un poste de garde-côtes reçoit un appel de détresse d'un navire au milieu d'une tempête Nor'easter. Alors que l'équipage se prépare à mettre à l'eau le navire de sauvetage, une nouvelle recrue n'arrête pas de poser des questions au vieux chef sur le danger de sortir dans les vagues géantes et les dangereux coups de vent. Finalement, terrorisé, il crie au chef « Si on y va, il est possible qu'on ne revienne jamais ». Le vieux chef sourit et dit : « Mon fils, nous n'avons pas d'ordre de retour ».
Lorsque nous épousons le ministère du baptême, nous n'avons pas d'ordre de retour. Mais comme nous le rappelle le vieil hymne « c'est la grâce qui m'a protégé jusqu'ici et c'est la grâce qui me conduira à bon port ».