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Lundi 5 juin : Grandir en espérance
The Very Rev'd Kevin Martin  
V.    Que le pauvre ne soit pas oublié pour toujours
R.    Que jamais ne périsse l'espoir des malheureux

Ainsi prions-nous quotidiennement lors des prières du soir de l'Église Il est assurément logique de prier chaque jour pour que les nécessiteux ne soient pas oubliés mais pourquoi prions chaque jour pour que les pauvres ne perdent pas espoir ?

L'espoir est, c'est sûr, l'une des trois vertus théologales « maintenant donc demeurent foi, espérance et charité ». La charité est peut-être la plus grande d'entre elles mais l'espérance tient encore une place importante parmi ce que nous valorisons dans l'église. L'espoir est la foi indéfectible que l'amour de Dieu triomphera à la fin. C'est la manifestation de ce que appelions autrefois « l'escatologie réalisée », la présence vivante du futur.

Et l'espoir est généralement la dernière chose que les humains abandonnent. Victor Frankel a attribué à l'espoir la dynamique principale que partageaient ceux qui ont survécu aux camps de la mort de son époque. Lorsque l'espoir est perdu, une résignation et un désespoir sombres semblent le remplacer.

Je me souviens encore distinctement de la première paroissienne à qui (il y a environ trente ans) j'ai communiqué le diagnostic de stade terminal donné par ses médecins. Elle était si pleine de vie et toujours courageuse face à la progression de son cancer. Je lui ai demandé une fois « Que voulez-vous savoir au sujet de votre maladie ? » et je n'oublierai jamais sa réponse pénétrante « Je veux la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. J'ai besoin d'un peu d'espoir à la fin de chaque jour ».

Son espoir était de voir le mariage de sa fille de 20 ans qui était alors fiancée. Malgré sa fragilité, elle a tenu jusqu'au jour du mariage. Trop faible pour assister à la réception, on l’a ramenée du mariage à son lit et je me suis approchée d'elle. Je savais que son dernier espoir s'était réalisé et je craignais que n'y fassent alors place le désespoir et la résignation. « Est-ce que ça va » demandai-je. Comprenant le sens de ma question, elle sourit et me dit « Je vous avais dit que j'y arriverais et j'y suis arrivée ». J'attendais ses prochaines paroles. Fidèle à son esprit, elle m'assura avec un sourire ironique « J'ai deux autres filles ». Son espoir n'avait pas disparu.

Souvent de nos jours, il semble qu'une sombre résignation se soit emparée de notre église, particulièrement de nos dirigeants. Ils semblent avoir accepté que les problèmes actuels, la discorde, voire la polarisation, vont continuer. Nombre d'entre eux se sont résignés à l'idée que les divisions ne vont faire qu'augmenter et que le déclin de notre église est écrit dans la destinée des grandes confessions comme les nôtres. Notre espoir a-t-il disparu ?

Grandir en espérance est possible, non pas parce que nous voyons tout sous un bon angle. L'espérance n'est pas simplement de l'optimisme. Grandir en espérance est possible car, lorsque tout le reste nous trahit, comme cela arrive aux pauvres, c'est la seule chose qui nous reste. Mais tant que nous avons l'espoir, nous avons tout ce qu'il promet. Donne à présent à notre église, Seigneur, de grandir en espérance.